Les siestes Teriaki au Mans: une nouvelle édition prometteuse

Depuis déjà 15 ans, les siestes Teriaki se déroulent au Mans, dans le cadre de l’Abbaye Royale de L’Epau. L’évènement se veut gratuit, accessible à toustes et convivial. J’y serais présente, pour la seconde année consécutive et je vous explique pourquoi.

Si de nombreuses personnes autour de moi se rendent chaque année dans des gros festivals, je trouve mon bonheur dans les évènements à taille humaine. J’apprécie de revoir les mêmes têtes, pouvoir prendre le temps de discuter, faire de nouvelles découvertes musicales et dévorer les spécialités locales. C’est ainsi que je perçois les siestes Teriaki. Un lieu où les minutes s’étirent, où on parle aux inconnu.es et où on fait confiance à une programmation aussi éclectique qu’aiguisée. Un lieu où on se pose, dans l’herbe ou les transats. Un lieu pour flâner, se reposer, avant la rentrée.

Alors je prends le train, parfois le bus, et je me laisse happée par une nouvelle ville. Si j’ai le temps (et l’argent), c’est l’occasion de tester un restaurant, d’acheter des livres (quelle surprise), faire un tour au musée ou encore chiner du côté des friperies. Bref, j’adore m’extraire de mon cocon parisien et voir des gens qui ont l’air HEUREUX de vivre.

L’an dernier, je découvrais au sein de l’abbaye, l’émouvant duo ukrainien composé d’Heinali et Andriana-Yaroslava Saienko. Je vibrais pour le duo Geysir, que j’aime d’amour et j’étais très heureuse d’avoir vue Cromorne et sa vielle à roue (groupe venu tout droit de Dijon).

Les talents viennent de France et des alentours et le site accueille des installations adaptées aux plus jeunes, des créations in situ, des ateliers autour des techniques de productions sonores et une exposition pour fêter les 30 ans de l’association Teriaki.

Avant de vous dévoiler les coups de cœur de Manu que je croise à chaque évènement dans les parages et qui est aussi le programmateur du festival, je peux déjà vous dire que j’ai très hâte de voir en live le kraut rock oriental de Phoenician Drive, la folie douce d’Annie Claude Deschenes venue tout droit du Canada ou encore les belges du Prince Harry.

Les coups de cœur de Manu, le programmateur

M(h)aol

Choisir c’est renoncer dit l’adage. Il est toujours difficile de cibler seulement quelques artistes dans notre programmation tant nous les sélectionnons avec amour !
Les muscien.nes de M(h)aol occupent une place importante dans cette édition. Après une jolie claque à l’écoute de leur album Something Soft, c’est lors de leur passage sur une des (trop) grandes scènes de la Route du Rock que je me suis dit qu’iels seraient parfaits dans le cocon teriaki en proximité direct avec le public.
M(h)aol fait du post-punk à l’anglaise (bien qu’iels soient irlandais) mais avec un engagement réel sur les questions de genre qui rend leur musique abrasive et engagée, entre introspection et révolte sociale.

Oonagh Haines

A la sortie d’un concert, mon pote Wilfried Thierry (moitié du duo Auto.Moto) me dit tout chamboulé que le concert le plus zinzin qu’il ait vu récemment était celui d’une jeune anglaise vivant en Bretagne qui manie de manière subtile de la techno en slow motion, saturée de vocoder et flirtant le mauvais goût sur les textures vocales avec panache. Oonagh Haines fait partie de cette nouvelle génération de musiciennes (comme Nuèit ou Undae Tropic) qui balance de grands coups de pieds dans les codes de la musique trop bien établie. Sa musique est une sorte de romance de club trouble influencée par le r’n’b, le cloud rap ou le doom metal. Oonagh Haines est un OVNI.

Le Prince Harry

Pour finir un festival de la meilleure manière qu’il soit, il faut toujours injecter de la belgitude. 
Le Prince Harry, que l’on ne présente plus tant ils ont déjà écumé toutes les scènes indées d’Europe, est un duo qui sent les caves underground, la transpiration moite de la fête et la bière renversée sur les têtes. 
Leur musique kick dans tous les sens avec un mélange de beats électroniques, de riffs de synthés démoniaques et de basses sauvages. On sait déjà que le public encore chamboulé du concert de Marta qui précède dansera ses dernières forces le regard hagard mais heureux jusqu’à ce que la sécu sonne la fin de la récré.  

Pour plus d’infos sur les siestes Teriaki.

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