En septembre dernier, je prends enfin le temps de papoter avec Diane lors du festival Hop Pop Hop à Orléans. La musicienne s’apprête alors à jouer dans une de mes salles préférées, la salle de l’Institut. Ecrin de velours et miroirs romantiques, le décor se mêle à merveille à la voix de Diane.

Ton premier EP, » J’ai combattu la nuit » est sorti en 2025. Qu’est-ce que ça représente pour toi, cette sortie ?
Ce sont les copaines de Reverse Tapes qui m’ont proposé ça. J’imagine en fouillant dans les archives du web et en voyant que j’avais eu un projet solo un jour… alors que moi, ça faisait trois ans que je n’avais rien fait. Et je les remercie parce que franchement, je pense que sans ça, je n’aurais pas du tout ressorti de projet et je ne serais pas là en train de jouer ici ce soir. Bien joué Reverse Tapes !
Donc, ça représente qu’on m’a reconnue à ma place, pour le dire très succinctement.
Ce projet solo est lié au groupe que tu partages avec Tori, Grife.
Oui. J’ai commencé avec mon projet solo mais je n’ai jamais réussi. Notamment parce quil y a eu le Covid, que j’étais jeune et que c’était dur. Après le Covid, j’ai en vain essayé de faire un groupe : Diane Cluster Diane. Et on y a un peu cru. On a fait les Inouïs du Printemps de Bourges. Mais on était trop petits et désorganisés. De ça est né Grife. Et ça a marché.
Là, maintenant, les gens me considèrent en tant que Diane solo. Mais je pense que sinon, ça n’aurait pas marché. Merci Grife. Merci Tori, ma copine toujours de Grife.
Ce soir, tu joues dans la salle de l’Institut, dans ta ville natale. Comment tu te sens?
C’est super, il faut dire les choses bonnes avant tout. C’est un peu horrible parce que je suis toute seule et que je fais de la chanson douce. Je trouve ça mille fois plus difficile que de faire du rock qui tabasse, parce que tu es sûre que de toute manière, tu as un effet sur les gens, ne serait-ce que sur leurs corps.
Quand tu fais de la chanson douce, à part provoquer un silence et ne pas percevoir ce que les gens ressentent, tu es un peu dans le flou. Donc, je suis grave en attraction. Mais en même temps, je suis quand même avant tout trop contente. Et bizarrement, je ne suis pas trop traqueuse.
Et la, j’ai bu une gorgée de bière et j’ai la tête qui tourne. Donc ça prouve que j’ai le trac de ouf. Il faut que je fasse le concert. Et après, ce sera la grosse fête.
La lune dans ton EP semble presque devenir un personnage. Qu’est-ce qu’elle incarne pour toi ?
Très bonne question. J’allais dire la dépression. Mais au-delà de ça, je dirais la mélancolie permanente. Accepter d’être quelqu’un de triste. La nuit en permanence, ce n’est pas très fun mais en vrai, c’est très beau. La nuit, c’est le mal-être et dans ce mal-être, il y a aussi tout ce qu’on est vraiment. Donc, c’est l’idée de l’accepter et de l’inviter justement dans une chanson.
On a l’impression que tes morceaux oscillent entre fragilité et force. Est-ce que tu écris pour trouver un équilibre ou est-ce que c’est pour accepter ce déséquilibre entre force et fragilité ?
Les deux. Je pense que ça permet de maintenir une forme d’équilibre, effectivement. Je suis trop intense et trop sensible et la musique, c’est une espèce de pont qui fait que les deux cohabitent. Parce que c’est impossible d’être trop triste et trop joyeuse à la fois.
Mes chansons, c’est juste un truc pour me sentir mieux. Mais ça ne guérit pas. Je pense que quand on est comme je suis, on l’est jusqu’au bout. Et c’est OK. Est-ce que tu veux être là jusqu’au bout ? Ben ouais, je veux mourir sur scène. Je m’appelle Dalida.
Sans rire, je pense que je suis obligée de m’en remettre à ça. Et en vrai, ça me va.
Quand tu composes, est-ce que tu pars d’une émotion précise que tu veux traduire ? Ou est-ce que tu laisses les sons venir à toi ?
Parfois, ce sont des mots qui viennent très spontanément par rapport à une émotion très précise. Mais à vrai dire, depuis que je pratique plusieurs instruments, c’est souvent un truc instrumental qui me vient. Et je me mets à le jouer. Et c’est là que viennent les paroles.
Avant, c’était vachement le texte et l’émotion. Et maintenant que je pratique un peu plus la musique (ça fait 5-6 ans), ça vient d’abord de la musique et après, je cherche à poser des mots dessus. Ce qui n’est pas du tout pareil comme démarche d’ailleurs.
Dans les deux cas, je pense que c’est une contrainte. Quand tu as un texte, tu as la contrainte de l’urgence émotionnelle, de ce que la mélodie des mots t’impose comme thème. Moi, je suis la championne pour composer des trucs tristes. Donc, inévitablement, je me retrouve à écrire des trucs tristes.
Mais en vrai, si je me retrouve à composer un truc joyeux qui me fait trop kiffer, il y a la contrainte de : « Putain, je vais écrire un truc joyeux ». Mais c’est une trop bonne contrainte.
Donc tu le gardes quand c’est un truc joyeux ?
Ouais, grave. Dès que je kiffe un truc, je le garde et j’essaie de le pousser à bout. Mais après, c’est un peu comme les livres qu’on se force à terminer. Je pense que tout musicien ou musicienne qui fait des maquettes connaît ce problème-là. Il y a des moments où tu te dis, bon, c’est trop cool, mais en fait, ça ne mène à rien et t’es obligé de l’abandonner, et c’est horrible. Mais il y a des moments où aussi, il faut abandonner. Et la vérité, c’est que mes maquettes joyeuses, je les abandonne plus que mes maquettes tristes. Ca, c’est la vérité (rires).
Bref, ce sont des statistiques. Parce qu’au final, j’ai quand même beaucoup plus de maquettes tristes. Donc, j’en abandonne beaucoup plus statistiquement.
Est-ce que tu peux me parler un peu de ton rapport à l’écriture ? Depuis quand tu écris ? Sur Instagram, tu partages des notes et j’ai l’impression que tu es un peu tout le temps dedans.
C’est vrai. J’ai un père prof de français qui a toujours tenu un journal, qui, dès toute petite, m’a incitée à écrire des histoires. Donc, merci à mon papa de m’avoir ouverte à ce monde-là. Et puis, après, j’ai beaucoup lu.
Moi, je suis née en 2000. Je fais partie de la génération où il y a ceux qui se sont vraiment détachés de la lecture et ceux qui sont restés dedans. Mais je comprends aussi qu’on s’en détache, à cause de la révolution numérique ou des écrans.
Moi, j’ai toujours lu, donc j’ai toujours écrit. J’associe vraiment les deux. Et justement, je suis fascinée par les gens qui écrivent sans lire. Je trouve qu’il y a une sorte d’oralité dans l’écriture de ces personnes-là qui est trop belle et que moi, je cherche vraiment à atteindre dans mes chansons.
Donc mon rapport à l’écriture est tout simplement très formel et très intime à la fois. Pour moi, c’est normal d’écrire. C’est normal de tenir un journal. C’est normal de lire un journal. Et oui, très spontané, très intuitif. Vraiment, je parle que de moi. Très égoïste, peut-être, on peut le dire comme ça. Très égocentré, en tout cas.
Écrire, pour moi, c’est un lieu où on peut dire des choses qu’on n’arrive pas à dire autrement ou à qui que ce soit d’autre. Et je trouve ça trop précieux. On devrait toustes écrire, ça fait trop du bien.
C’est vrai ce que tu dis. Ecrire, c’est quelque chose qu’on fait parce qu’on ne peut pas dire quelque chose à quelqu’un. Et en même temps, tu le fais en musique.
Oui, c’est tout mon paradoxe. J’ai peut-être des petits problèmes pour dire des choses à certaines personnes (rires). Peut-être que c’est pour ça que je fais des chansons. Mais au moins, tu vois, je suis en quête de solutions et j’en ai conscience. Si je n’arrivais pas a dire des trucs et que je ne faisais pas de chansons, ce serait le blues.
Donc, tu écris des chansons, tu tiens un journal. Est-ce que tu as une volonté à un moment d’écrire un recueil de la poésie ou ça reste, entre guillemets, cantonné à la musique et à l’écriture intime d’un journal ?
Là, en ce moment, je lis les mémoires de Patti Smith. Elle arrive à être entre le journal et l’autobiographie d’une manière tellement simple et naturelle. Ca, par exemple, j’en suis incapable. Ou alors, il faudrait qu’on soit dans 50 ans et que je relate ce qui se passe maintenant. Ca, ce serait ma volonté. Mais du coup « à tout à l’heure, dans 50 ans », en gros.
Et mon journal… c’est que pour moi… Je ne sais pas comment dire. J’aime beaucoup écrire des poésies, mais j’ai l’impression d’être une wanabee poète. Par exemple, sur scène, je défends mes chansons, il ny a pas de problème. Mes poèmes…
Tu ne te sens pas à l’aise ?
Je serais très mal à l’aise d’être rémunérée ou même reconnue pour ce que je fais en poésie. J’ai l’impression que c’est très amateur. Et ça me va très bien, justement, que ce soit un domaine dans lequel je sois amatrice. Et j’ai envie que ça le reste.
Et d’ailleurs, je pense qu’en poésie, tu es toujours amateur. Gros statement, hein. Et c’est super. Il n’y a que le temps et la reconnaissance qui font que tu vas admirer quelqu’un. J’avais une prof de français au lycée que j’aimais beaucoup qui nous avait dit : « vous savez, là on dit des choses sur l’auteur mais ça se trouve, il ne serait pas d’accord ». J’ai trop aimé qu’elle assume ça et je suis trop d’accord. C’est hyper subjectif. Et du coup, ça ne sert pas à grand-chose de faire de la reconnaissance dans ce milieu, en tout cas. C’est pour ça que je préfère la musique. Et c’est pour ça que les textes, je préfère les mettre en musique. Je trouve que la, au moins, on construit un château et ça sert à quelque chose.
En fait, pour le dire encore plus radicalement, je trouve que quand un message est bien dit, de la bonne manière, c’est évident. Et je trouve que quand on se retrouve à analyser une poésie un peu cryptique ou un texte un peu indéchiffrable, de Georges Perec par exemple (et pourtant, qu’est-ce que je l’aime), c’est que c’était pas évident, de base. Ce n’est pas objectif, ce n’est pas simple, ce n’est pas naturel. C’est un peu mon côté radical.
Et je me permets de dire ça parce que j’ai commencé mes premiers textes quand ¡avais 13/14 ans et c’était trop n’importe quoi. Cétait trop abscond, je faisais des métaphores que personne ne comprenait et même maintenant, je les relis, et la Diane de maintenant ne comprend pas la Diane du passé. Si je ne comprends pas, c’est qu’il y a un truc qui ne va pas.
Mais du coup, je l’assume maintenant. Pour moi, la poésie, ça doit être un truc hyper universel. C’est la définition même de la poésie. Ce serait même que, dans une langue étrangere, tu comprennes ce que la personne est en train de te dire.
Ta musique, elle est à la fois intime et brute. Est-ce que tu la vois comme une forme d’expression personnelle ou comme un moyen de créer un lien avec celles et ceux qui traversent des épreuves ?
Ah bah, la deuxième, grave. Pour moi, le but, c’est qu’on aille mal tous ensemble.
Ah ouais.
C’est vrai que c’est un peu de la musique de dépressif, mais quand t’es pas bien, si t’as pas la musique, tu n’as plus rien. Donc, autant que ça serve à accompagner les gens.
C’est une bonne réponse. Du coup, sur l’EP, tu utilises la boite à rythme comme unique fond rythmique. Comment ça te permet de structurer l’émotion dans chaque morceau ?
C’est de nouveau une bonne question parce que moi, quand j’écris des morceaux, entre le moment où j’enregistre sur mon téléphone l’idée de base et quand on arrive en studio, il y a toujours ce moment où on se demande quel est le bon BPM. Et moi, je suis du genre « bah, le BPM 105, comme sur mon vocal » et les gens avec qui je fais du studio me disent « bah non, mais attends, c’est un peu lent 105. C’était le matin, t’étais pas réveillée, ou c’était tard le soir. Peut-être qu’il faudrait la faire en 135″.
Alors que pour moi c’est trop rapide. Donc on y va à tâtons parce que la vérité, c’est qu’on a tous les deux raison. La réponse, elle est vraiment dans le juste milieu et c’est ça qui est beau dans ta question. C’est vraiment une rencontre entre nos deux ressentis. C’est important d’avoir une oreille extérieure sur ce que tu fais parce que sans Doodz, moi, j’aurais fait un EP deux fois plus long.
Comment tu envisages le lien entre ton rapport à la musique et ton rapport à la nuit, au silence et à la solitude ?
La question de ma life. Alors moi, je ne peux pas vivre sans musique mais je n’ai pas de problème pour passer mes journées sans en écouter.
J’ai plein de copaines pour qui c’est un problème. Ils se lèvent, ils ont besoin de mettre un CD. Et je comprends tellement. Quand j’étais en pleine rupture, la musique. ca avait vraiment été une sauveuse. Je passais ma vie a écouter de la musique pour, je pense, fuir mon cerveau et mon cœur.
Mais là, ça fait deux/trois ans que je fais beaucoup de concerts et que j’apprécie très fortement les moments de silence chez moi.
Je dirais que c’est peut-être ça ma réponse à ta question, que je suis dans une espèce d’ambivalence très radicale.
Pour moi, il y a soit plein de bruits tout le temps : genre plein de concerts pendant toute une tournée, des répètes de 8 heures soit le silence. C’est-à-dire qu’une personne à côté de moi qui regarde une vidéo Youtube, ça me fait mal aux oreilles. Avoir une conversation avec quelqu’un, ça peut devenir… J’en suis capable, mais au prix d’un très gros effort. Et la vérité, c’est que je suis à moitié absente.
Je pense qu’il faudrait que je trouve une forme d’équilibre parce que c’est un peu extrême.
Mais j’ai 24 ans et je pense que je réécouterai cette interview dans cinq ans et j’espère que je serai un petit peu plus dans la moyenne. Je serai capable de faire trois heures de son bien fort et trois heures de conversation chill.
C’est ok, je trouve, de ne pas…
Oui, et puis moi, je suis ok d’être un petit peu bipolaire sur les bords, il n’y a pas de problème. C’est plutôt que pour me préserver, moi, j’aimerais bien arriver à cet équilibre à un moment et vraiment ne pas être que genre comme ça. Mais je sens déjà que depuis deux ans, le fossé s’est un petit peu réduit et j’espère que ça continuera et je sais que ça ne deviendra jamais une colline plate, un terril, comme on dit dans le Nord. Mais je sais que j’aimerais bien que ça se rapproche un peu, quoi.
Tu as commencé la musique assez tôt. Tu peux me raconter ?
C’est vrai. Alors, je vais faire un gros résumé. Premier concert, 16 ans. 19 ans premier album toute seule. Covid, ordinateur. C’est marrant parce que l’ordinateur, maintenant, c’est très à distance de moi alors que j’ai littéralement commencé par ça. Peut-être parce que c’était le plus simple aussi à l’époque. C’était quand même trop cool d’appuyer sur la touche H de ton clavier et que ça fasse une note.
Et, sortie de Covid, on a fait un groupe avec mes trois meilleurs amis qui s’appelait Diane Cluster Diane, parce que c’étaient vraiment mes chansons solo qu’on transposait en groupe.
Sauf que le Covid, quand tu étais artiste tout court, c’était la grosse merde. Alors, quand tu étais artiste émergent, c’était impossible. Au bout de deux mois, on s’est dit que c’était mal parti et pourtant on avait fait les Inouïs du Printemps de Bourges. Mais on était jeunes, on n’était pas prêts.
Et là, grosse pause et depuis ça, il y a eu Grife et mon projet solo.
Diane Cluster Diane, pour moi, c’est mon événement COVID. Tout le COVID, pour moi, c’est etre décédée/DCD. C’est comment on essaie de vivre et puis en fait, ah non, ce n’est pas possible, c’est décédé. C’est un peu triste, mais je pense qu’il y a plein de groupes qui ont dû essayer d’exister au moment du COVID. Après, tu n’as plus forcément l’énergie de reprendre. Si je n’avais pas eu Grife, je ne serais pas du tout là aujourd’hui avec mon projet solo.
Tu aurais fait quoi ?
Je pense que je travaillerais en école avec des enfants handicapés parce que c’est littéralement ce que l’ai fait juste après le COVID et la fin de Diane Cluster Diane. Pendant les Inouïs, j’ai fait un service civique dans une école adaptée aux handicaps et j’ai trop kiffe.
Et je me suis dit, en fait, j’ai envie d’être éduc spé. Et je m’apprêtais vraiment à faire cette formation et c’est là qu’on a fait Grife et qu’en trois mois, ça a popé.
Si tu devais choisir une œuvre, que ce soit une peinture, photo, ce que tu veux, qui te définit, en tout cas, à laquelle tu penses souvent, qu’est-ce que ça serait ?
Je vais dire le premier truc auquel j’ai pensé, comme ça, c’est très honnête. La raison pour laquelle je m’appelle « Journal de Diane » sur Instagram, c’est parce qu’Annie Ernaux a écrit un livre qui s’appelle Journal du dehors que j’ai lu lorsque je vivais à Bruxelles et que je traînais dans les squats d’artistes les plus mimis du monde et que littéralement je ne travaillais pas. Personne ne travaillait, je ne sais pas comment on vivait tous, mais on s’en sortait. Et je lisais Annie Ernaux justement, je me disais à l’époque mais quelle putain d’autrice. Je suis trop contente qu’elle ait eu le prix Nobel depuis parce qu’elle est incroyable.
J’hésitais à m’appeler « Journal du dedans », c’était un petit peu chelou mais ça me ressemblait de ouf aussi, parce que je trouve que tout vient quand même de ce que je sens à l’intérieur.
Mais du coup, ce que j’aime trop dans son livre, c’est qu’elle chope des phrases à la volée qu’elle entend. Par exemple dans le métro, elle entend un fils s’engueuler avec sa mère et elle est à la fois empathique de l’enfant et de la maman qui se fait trop mal parler. Ca me parle trop parce que j’adore choper des phrases comme ça, quand je passe dans la rue, quand j’entends des gens. Et puis j’adore Annie Ernaux, on ne va pas se mentir. C’est tout simplement ça.
Tu vois, j’ai dit Georges Perec tout à l’heure. Je pourrais citer La vie mode d’emploi ou Je me souviens. Mais pour le plaisir de nommer une femme, je reste sur Annie Ernaux. Et Mémoire d’une jeune fille aussi. Et La place.
J’avais étudié La place au bac.
Moi aussi, j’ai étudié au lycée. Je me rappelle avoir fait un essai sur le déclassement social et… C’est très spécial parce que moi, me sentant un peu déclassée socialement des parents, je ne m’étais pas reconnue dans ce récit-là parce qu’elle a littéralement des parents commerçants et elle, elle fait des études.
Moi, j’ai des parents qui sont de gauche, pas CSP+, mais tu vois, CSP intermédiaire et j’ai l’impression d’être déclassée parce que je suis artiste. Du coup, je me rappelle ne pas avoir trop compris le propos sociologique qui est quand même hyper intéressant et en même temps, dans la manière dont c’est juste récité à la première personne, ça m’avait tellement touchée que tu vois, à 15 ans, je me suis dit genre « waouh, trop bon ».

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