Le duo liégeois Chaton Laveur a sorti son nouvel album Labyrinthe le 13 mars. Une kraut pop hypnotique, doucement enivrante. Sans prétention si ce n’est les frissons, Madeleine de Proust c’est l’occasion de faire un bond dans le passé et raviver les souvenirs, en évoquant des œuvres culturelles qui n’appartiennent qu’à nous.


Ils sont deux, ils sont Chaton Laveur. Formé pendant le confinement, le duo a sorti en 2024 son premier album, Etat Sauvage. Il revient aujourd’hui avec Labyrinthe. Boucles hypnotiques, voix éthérées, pop audacieuse : Chaton Laveur expérimente, se livre, et partage. Face à soi, alors, un album solaire, planant et entêtant.
Un livre/BD que vous ne quittez jamais ?
Julie (guitare, basse, chant) : Je brûle Paris de Bruno Jasienski occupe depuis plusieurs années la première place de mes lectures préférées. C’est une fable révolutionnaire écrite dans l’entre-deux-guerres, d’une modernité assez frappante. Le roman imagine Paris placé en quarantaine après une épidémie de peste, puis progressivement fragmenté en communautés rivales, jusqu’à l’effondrement total de la capitale. Au-delà de son aspect presque prophétique, ce qui me marque surtout, c’est la puissance de l’écriture : elle est à la fois brutale mais d’une grande finesse. Le récit est captivant, tout en explorant des thématiques sombres, politiques et profondément humaines, qui restent nécessaires aujourd’hui. C’est le genre de livre qui dérange autant qu’il fascine, et qui marque durablement.
Une œuvre d’art étudiée à que vous avez toujours en tête ?
Julie : Lors de l’exposition « Histoire de ne pas rire » aux Bozar (Bruxelles) il y a deux ans j’ai découvert le travail de Paul Nougé, poète surréaliste belge du siècle dernier. Ce n’est pas une œuvre d’art à proprement parler mais c’est grâce à cette exposition et à l’intérêt que je porte au surréalisme que j’ai découvert son œuvre. Les textes de notre morceau « La Source » sont librement inspirés du poète et plus que de le garder en tête on a figé notre intérêt pour cet artiste dans le marbre d’un vinyle avec l’écriture de ce morceau.
Un film dont vous citez les extraits, les dialogues ?
Pierre (batterie, clavier, chant) : Je communique essentiellement en répliques de film. C’est très compliqué de discuter avec moi si on n’a pas vu Les Bronzés par exemple…
Plus sérieusement, on est très passionnés de cinéma et on a la chance d’habiter à côté des Grignoux (Liège), qui propose toujours une programmation incroyable. On a malheureusement une mémoire catastrophique pour retenir des répliques précises, même dans les films qui nous marquent vraiment. En réalité, ce qu’on cherche dans le cinéma est assez proche de ce qu’on cherche dans la musique : un endroit où les émotions peuvent sortir.
La semaine dernière, par exemple, on est allés voir Hamnet de Chloé Zhao, et c’était un moment d’une intensité assez rare. Le genre de séance dont on sait qu’on se souviendra longtemps.

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