Les frissons de Grife

En février dernier, le duo Grife sortait son premier album : Soeur d’Oranger. Des titres aussi pop que punk, avec une bonne dose de second degré. Sans prétention si ce n’est les frissons, Madeleine de Proust c’est l’occasion de faire un bond dans le passé et raviver les souvenirs, en évoquant des œuvres culturelles qui n’appartiennent qu’à nous.

Crédit photo : Zofia Zlominska

Elles sont deux, ensemble elles sont Grife. Leur musique se colore de pop, de punk, de joie, d’allégresse, d’humour et d’amour. Des voix claires et chaudes, une basse, un tambour et un certain goût pour la créativité. Leur premier album, Soeur d’Oranger passe de l’anglais au français, en faisant un détour par l’allemand, les miaulements, l’aboiement et les jeux de mots. Grife se prend au sérieux, mais pas trop.

Un livre/BD qui ne vous quitte jamais ?

Diane : Just kids de Patti Smith, je le lis quand je m’ennuie entre les balances et le concert.

Tori : J’ai lu L’Art de la Joie de Goliarda Sapienza récemment sur les conseils d’un ami et depuis j’y pense tout le temps, le récit est d’une beauté époustouflante, très poétique et d’une grande force politique aussi, j’adore l’écriture qui est comme un tissu rapiécé – il ne me quitte plus dans mon cœur mais en physique par contre oui parce que c’est un gros pavé.

Le morceau qui vous rappelle instantanément des bons souvenirs?

Diane : Carmensita de Devendra Banhart : morceau de vacances à fond dans la caisse!!! J’aime trop les morceaux tristes et pour une fois c’est un morceau joyeux hihi. Découvert dans le film peu joyeux 17 filles que je recommande aussi. J’ai aussi découvert Tricky et Constance Verluca grâce à ce film, Vive le chocolat, l’héroïne et la vodka

Tori : Oração ao Tempo de Caetano Veloso, de l’album Cinema Transcendental que j’adore. Ça me ramène à des lieux et à des personnes – presque physiquement, c’est un morceau qui éveille en moi des émotions hyper douces, de la joie simple et compliquée qui donne envie de pleurer.

Une œuvre d’art étudiée que vous gardez en tête ?

Diane : Le cancre, Jacques Prévert. J’adorais réciter les poésies à l’école. C’était plus fun que les cours de littérature par la suite. 

Tori : En restant sur de la poésie, les Poèmes à Lou d’Apollinaire, ses calligrammes aussi.

Un film dont vous citez les extraits, les dialogues ?

Diane : Le premier jour du reste de ta vie : je suis trop cheesy mais je suis obligée de répondre ça. C’est notre film référence dans ma famille. J’ai l’impression qu’il est ancré dans ma peau, je l’ai encore revu l’autre jour avec des ami.es et je connaissais toujours autant les répliques par cœur. Ma préférée étant celle du grand-frère, Al, lorsqu’il s’adresse au petit-ami tout pourri de sa petite-soeur Fleur : « Tu feras plus jamais de mal à ma soeur, et en plus maintenant quand tu penseras à elle, tu penseras à moi, et quand tu penseras à moi, t’auras peur.« 

Tori : Hyper geek mais si je suis honnête j’ai eu une énorme fascination pour Le Seigneur des Anneaux quand j’étais ado, je regardais la trilogie toutes les semaines et je connaissais tous les dialogues que je rejouais ensuite avec mes copines, du coup je connais presque toutes les répliques en VO (même en elfique). Il y a une belle place laissée à l’amitié dans ces films. J’adore quand Sam dit « I can’t carry it for you, but I can carry you » parce que c’est ça l’amitié au fond.

La photo de vous enfant que vous avez toujours près de vous ?

Diane : en regardant en face d’elle dans son appart : une photo de moi petite à un mariage, j’ai genre 3 ans, je vis ma meilleure vie, je devance mon père et je danse sur un parking, j’ai un petit corps et une grosse tête, bref, j’ai trois ans. 

Tori : sur mon frigo j’ai des photos de ma soeur et moi, petites, à différents âges, mais toujours très très coordonnées vestimentairement, ça me fait toujours bien rire. 

L’album que vos parents vous ont fait découvrir et que vous écoutez toujours ?

Diane : Favourite worst nightmare de Arctic Monkeys, grâce à mon père, il a de bons goûts musicaux car il est resté bloqué dans l’adolescence. Mes parents m’ont fait découvrir Barbara et Leonard Cohen aussi. 

Tori : Ma mère était fan des compilations best of, et se faisait ses mixtape, donc je n’ai compris que très tard le concept « d’album ». Mes préférées que j’écoute toujours sont celles de Simon & Garfunkel, Enya, et évidemment la + dance : la première compilation Solaris (la jaune).

Si vous deviez résumer votre rapport à la musique avec une œuvre ?

Diane : J’ai 26 ans de Brigitte Fontaine, la musique c’est comme un journal intime je crois. À mes yeux bien sûr – je trouve ça cool les gens qui le voient autrement. Moi j’arrive pas trop à faire autrement. Je précise que j’aurai 26 ans cette année hihi. 

Tori : Hyper compliqué comme question. Pour moi, la musique c’est une comme prière pour prendre le temps de ressentir ce qu’il y a à ressentir, de dedans vers dehors mais aussi de dehors vers dedans. Je ne sais pas si ça se résume en une oeuvre mais ça m’a donné envie d’écouter Gente Aberta de Erasmo Carlos. 

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