Les frissons de Fiona Fiasco

La musicienne suisse Fiona Fiasco vient de sortir son premier EP : Blue Rider, Blue Faced. Six titres empreints de soleil et de folk. Sans prétention si ce n’est les frissons, Madeleine de Proust c’est l’occasion de faire un bond dans le passé et raviver les souvenirs, en évoquant des œuvres culturelles qui n’appartiennent qu’à nous.

Crédit photo : Sabina Bosch

Entièrement auto-produit, ce premier EP respire le calme, la sérénité et la nature. Ici, des gazouillis d’oiseaux, là des tasses à thé qui tintent. Fiona Fiasco nous invite dans sa vie. Elle est mâtinée de rires, de voix claire et de montagnes. L’artiste est née dans les Alpes suisses et a grandi en parlant le romanche, une langue romane utilisée par plus de 60 000 personnes en Suisse. Est-ce alors son amour des mots qui fait sa singularité ? Blue Rider, Blue Faced donne envie de se lover contre un arbre, pieds nus dans l’herbe humide.

Un livre/BD qui ne vous quitte jamais ?

Je ne suis probablement pas la seule à le mentionner ici mais je vais dire Just Kids de Patti Smith. C’est un livre que j’ai toujours en tête, en tout cas, depuis l’année dernière. Je l’ai relu au printemps et c’était une expérience totalement différente de la première fois.Il me rend nostalgique et un peu triste, mais aussi tellement heureuse qu’on puisse se consacrer aux arts. Et d’être en vie en même temps qu’elle. De plus, ses livres sont formidables pour rassembler d’autres pistes de lecture. Après les avoir lus, je suis toujours pleine d’idées sur ce que je veux lire ensuite ; elle sème des références comme des miettes de pain.

Le morceau qui vous rappelle instantanément de bons souvenirs?

J’aime toutes les versions de Seabird (des Alessi Brothers) que j’ai trouvées jusqu’à présent. Dès que le synthé joue les premières notes, je suis de bonne humeur. Je la met toujours quand j’ai besoin d’un petit coup de boost ou en voiture.
Je me souviens d’un trajet en caravane avec mon père où j’avais lancé la chanson. Il m’avait immédiatement demandé qui c’était – c’est bon signe – Papa avait validé.

Une œuvre d’art étudiée à l’école que vous avez toujours en tête ?

J’ai adoré voir le travail de Vivian Suter au Palais de Tokyo cet été. J’aime tellement; son œuvre est très prolifique et elle semble si proche de la vie et de la maison, du travail dans la nature, dans le jardin. Elle n’essaie pas de la rendre parfaite mais elle embrasse l’empreinte de la nature et du temps.

Un film dont vous citez les extraits, les dialogues ?

Je n’ai pas de dialogue en tête; j’ai très peu de mémoire pour ce type de choses. Mais mes films préférés sont ceux de Wong Kar Wai. J’aime ses histoires, la manière détachée et un peu étrange dont les personnages interagissent entre eux, la thématique de la solitude mais surtout les couleurs. C’est pratique, parce qu’avec les couleurs, je n’ai pas besoin de me rappeler les mots.

La photo de vous enfant que vous avez toujours près de vous ?

C’est une photo de ma sœur et moi. On porte la même tenue, un pantacourt avec un imprimé Hawaïen (le mien est bleu et le sien, rouge). On louche toute les deux devant l’appareil photo et on est légèrement voutées. C’est parfait.

Si vous deviez résumer votre rapport à la musique avec une œuvre ?

Vashti Bunyan – Another Diamond Day. J’aime quand la musique saisit un moment de vie et qu’on peut sentir la personne qui se cache derrière. Et cet album reflète ça très bien pour moi. Je vois, devant mes yeux, ce que j’imagine de sa vie au moment où elle écrivait les chansons. Ce disque ne cherche pas à être plus qu’il n’est. C’est une source d’inspiration en termes de sérénité et d’écriture musicale.

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