Foul Weather 5ème édition : une réussite !

Les 23 et 24 mai derniers, le festival Foul Weather fêtait sa cinquième édition. Au sein du Fort de Tourneville, au Havre, les concerts ont réjoui les habitué.e.s et locaux durant deux jours. Adult DVD, Enola Gay, DVTR ou encore David Shaw and The Beat, les différents styles musicaux se sont côtoyés dans une joie collective et communicative. Petit tour d’horizon de mes coups de cœur du week-end…

TVOD Crédit photo : Marine Berger

Le Havre, c’est une ville portuaire que je connais très peu. Accessible facilement en train depuis la capitale, je n’ai pourtant jamais songé à y mettre les pieds. Sauf pour le Foul Weather. Depuis deux ans, je viens religieusement au festival, impatiente de profiter de l’ambiance et de faire de nouvelles découvertes. Mais les lendemains piquant toujours, je me retrouve alors sous la couette au lieu d’arpenter la ville. Cette année, suite à un logement chez l’habitant absolument parfait j’ai décidé d’y revenir, avec ou sans Foul Weather. J’ai hâte de me perdre dans les rues, de confondre ma vision avec celle de l’écrivaine Maylis de Kerangal dans le superbe « Jour de Ressac ». J’ai faim de nouvelles images animées, qui ne sont pas celles du film du réalisateur finlandais Aki Kaurismäki. J’ai envie de vivre Le Havre.

Crédit photo : Marine Berger

En attendant, je foule pour la deuxième année consécutive le site entourée de mes ami.es. Une fois encore accréditée, j’organise mon planning entre les interviews et les concerts et je charge mon appareil photo argentique. Tout est prêt. La fête peut commencer.

Fake Live, l’association qui a crée le festival en 2019 met tout en œuvre pour que l’expérience de chacun.e se passe parfaitement. Et c’est le cas. Un public bienveillant, respectueux, chaleureux. Côté salles, on alterne entre la grande salle du Tetris, la Halle (qui rappelle l’ancienne grange de Rock In The Barn) et enfin le Garage, situé en extérieur et accessible gratuitement.
Côté programmation, rien à envier aux plus grand.es avec la présence d’artistes internationaux, nationaux et locaux. Le Foul Weather a déjà invité Slift, The Psychotic Monks, Shame ou encore Squid. De plus, l’association, fidèle à ses convictions (chaque festival devrait en faire de même, ce qui est loin d’être le cas), veille à ce que les femmes et les personnes issues des communautés LGBTQIA+ soient davantage représentées. Ainsi, la programmation musicale est travaillée de manière à ce que les artistes féminines soient présentes.

Crédit photo : Marine Berger

Je suis carrément soulagée de réaliser que mes coups de cœur incluent des groupes féminins. Alors, sans plus attendre, rentrons dans le vif du sujet. Maintenant que je suis ici chez moi (oui parce qu’avant j’écrivais pour un autre webzine) je peux choisir le ton que je souhaite et loin de moi l’idée de vous endormir avec un live report ronflant à base de setlist et de détails techniques dont tout le monde se fout (moi en tout cas).

De toute manière, accréditée ou non, je vis le festival. C’est-à-dire que je profite, que je m’amuse, que je ne vois pas tous les groupes, que je m’autorise à me poser, respirer. Ceci sera donc un compte-rendu totalement subjectif, basée sur ma mémoire défaillante et mes émotions intactes.

DJ Set de Méchant Téton et le public. Crédit photos : Marine Berger

Cette année, j’avais demandé un certain nombre d’interviews, alors heureusement que tout n’a pas été accepté. Par contre, quelle joie de constater que celles que j’ai mené font partie intégrante de mes coups de cœur !

Tout d’abord, je dois avouer que j’ai raté le shoegaze des néerlandais Marathon. D’après mes oreilles averties dépêchées sur place, c’était très très bien. Mais j’étais en train d’interviewer Enola Gay (échange à venir prochainement).

Enola Gay. Parlons-en donc. Le quatuor basé à Belfast m’avait déjà intrigué il y a bientôt un an. Je les avais en effet vu au festival Hop Pop Hop à Orléans. Fascinée par la voix et l’énergie du frontman Finn, j’avais plus que hâte de les revoir. Outre le fait qu’ils sont adorables en interview, ils dégagent un dynamisme à toute épreuve. C’était le premier soir, et on se rapprochait doucement de la fin de soirée. Au premier rang, celles et ceux qui connaissaient déjà les paroles par cœur, ensuite les curieux et curieuses. Flow hip-hop, sonorités noise et couleurs post-punk, le groupe a tout pour séduire. Finn, sans cesse devant la scène, nous apostrophe de paroles engagées et profite d’un bain de foule en slamant dans la fosse. Mention spéciale pour le guitariste qui se saisit du drapeau de la Palestine (ils sont présents sur chaque scène, sur les amplis) et l’agite sous les acclamations du public.

Ce premier soir, j’ai aussi particulièrement apprécié TVOD, Lola Sauvageot, Honesty et Kairos Creature Club.

On m’avait déjà envoyé l’album de TVOD avant sa sortie et j’ai du l’écouter de nombreuses fois, indécise quant à ma décision : chroniquer ou ne pas chroniquer ? Finalement, croulant sous les demandes et trouvant l’album assez inégal, je passe mon tour, en me disant que je les verrais au Foul Weather, et que ce sera la parfaite occasion pour me faire une réelle idée. Force de constater que j’ai été plus que convaincue ! Au sein de la Halle, le sextet en provenance de Brooklyn électrise le public. Avec leur premier album, Party Time sorti le 9 mai dernier, TVOD offre un set efficace, entêtant et dansant. Entre le post-punk, l’egg punk et le kautrock. Dois-je préciser que j’écoute Uniform en boucle depuis le festival ?

Pour celles et ceux qui préfèrent la douceur des mots, il y avait aussi Lola Sauvageot et ses musiciens qui ouvraient pour le Foul Weather. Si elle est née à Paris, c’est bien au Havre qu’elle a élu domicile. Quelle chance alors pour les habitants d’avoir en leur sein une personne qui manie les lettres et les accords avec autant d’aisance. C’est beau, c’est folk, c’est rock et on en redemande. Foncez écouter son premier EP, L’animale, sorti le 3 avril dernier.

Crédit photo : Marine Berger

J’ai aussi eu la chance d’interviewer l’énigmatique groupe Honesty, qui sera d’ailleurs présent au festival Levitation à Angers les 27 et 28 juin prochain. Difficile de les décrire puisqu’ils se détachent de toutes les étiquettes : groupe, collectif, trip hop. En live, je suis tout de suite happée par l’aspect visuel de la performance. Un immense drap est positionnée derrière eux (classique) mais surtout devant. On devine alors leurs silhouettes et on se laisse entièrement submergée par la musique. L’écran diffuse des formes abstraites ou géométriques, des surimpressions photographiques, des vidéos. Nous sommes happé.es. Chant éthéré ou scandé, les interprètes sont au nombre de deux et nous emportent chacun dans une atmosphère différente.

Dans un autre registre, j’aimerai vous parler de Kairos Creature Club. Si l’écoute studio ne m’avait pas forcément émue, je dois avouer que le live m’a fortement étonné. Juste après Lola Sauvageot, le groupe a eu la lourde tâche d’ouvrir le Tetris.

Le duo, incarné par Lena Simon (La Luz) et Glenn Michael Van Dyke (BOYTOY) navigue entre psyché, pop et électro. Leur premier EP, Join the Club a été enregistré dans leur studio en Floride pendant la pandémie de COVID. Ils se sont entourés de plusieurs artistes dont Lucas Harwood (King Gizzard & The Lizard Wizard). En live, le duo s’agrandit, pour plus de sensations. Si la foule est clairsemée, les auditeurs et auditrices sont captivé.es ! J’en redemande.

Après une bonne nuit de sommeil et la tête en vrac, c’est le moment de revenir sur le festival avec mon acolyte de concert. Moins de coup de cœur pour ma part en ce dernier jour mais quelle claque !

Tout d’abord, et non des moindres, il y a eu l’anglaise Heartworms qui jouait en début de soirée au Tetris. Je l’avais déjà entendue il y a quelques mois à Petit Bain (le soir où tout le monde avait décidé d’aller voir Ditz à la Maro sans doute) et j’avais été particulièrement admirative. Mais il y avait trop de monde, je n’étais pas tout devant, alors je n’avais pas passée un concert incroyable. Mais ce soir, je suis tout devant, je l’ai interviewé et photographiée quelques heures avant et je suis pressée de revivre cette rencontre avec elle. Heartworms, dite Jojo, est magnétique (et ce n’est pas la famille au complet au premier rang qui dira le contraire).

Vêtue tout de noir, elle débarque sur scène comme si elle n’était jamais partie. Le personnage se dessine, prend sa place, se déplace. Heartworms fixe, Heartworms danse, la chorégraphie est exécutée mais libre. Son premier album, Glutton For Punishment est sorti en février dernier. Si vous aimez PJ Harvey, les textes noirs et profonds, la range et danser, alors Heartworms est faite pour vous. Elle joue tous ses titres, devant un public conquis, qui connait déjà les paroles. Thérémine, guitare électrique, elle alterne les ambiances, sans jamais quitter son audience des yeux.

Je ne sais honnêtement pas comment il est possible de résister à Heartworms. Je me suis prise une claque monumentale et je crois que je ne suis pas la seule. Je repense à nos échanges avant, sa gentillesse absolue, son rire discret et ici, cette force venue dont on ne sait où, cette voix si puissante et touchante. Merci, merci, merci.

Enfin, il faut que je vous parle de Yard. Le trio originaire de Dublin n’arrête pas de faire parler de lui depuis plusieurs mois. Pour cause, il a sorti son premier EP, Yard, quelques jours avant le festival. Son credo ? Faire du post-punk sur de la grosse techno. C’était donc le dernier groupe du festival à jouer, et quelle fermeture ! J’ai déjà hâte de les revoir cet été à la Ferme Electrique. En plus d’être talentueux, les musiciens sont aussi extrêmement drôles. Je les ai interviewé quelques heures plus tôt avec mon acolyte Céline et ça n’a été qu’un enchaînement de rires et de blagues. Si vous ne connaissez pas encore, je vous recommande fort.

Pour tout ceci et pour ce que j’ai sans doute oublié, merci le Foul Weather. Je repars une fois de plus avec un sourire gros comme ça (là, je mime devant mon ordinateur) et je sais évidemment que je répondrai présente l’an prochain. Merci particulièrement à Ariane qui gère les relations presse.

TVOD, Vundabar et DVTR. Crédit photo : Marine Berger

Grâce à vous, je sais faire tourner les gens et j’en abuse à chaque fois à votre festival (sorry cher public). J’espère que vous serez ravi.es d’apprendre que j’ai étendu votre tradition à des américains très emballés qui vont également la répandre au sein de leur pays.

Vundabar, ADULT DVD et Shelf Lives. Crédit photo : Marine Berger

Merci pour les découvertes, les pures joies, les groupes chouchous, les interviews, les rencontres, les falafels, la gentillesse de chacun et chacune. Et merci à toutes les copaines sans qui ces deux jours n’auraient pas eu la même saveur (cœur cœur).

Le Foul Weather = meilleur festival à taille humaine de France !

Crédit photos : Marine Berger.
J’ai travaillé uniquement à l’argentique sans flash pour info (oui j’aime bien me tirer une balle dans le pied parfois).

2 réponses à « Foul Weather 5ème édition : une réussite ! »

  1. Avatar de Heartworms : « J’ai toujours aimé jouer avec les mots » – Fréquence O

    […] mai dernier, je profitais de la cinquième édition du festival Foul Weather au Havre pour découvrir (enfin) en live Heartworms. C’était incroyable et le public était […]

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