En mars dernier, Pablo Coudrin, tête pensante de Common Insight, sortait son deuxième album, A Thrill For Novelty. Si en 2022, il avait composé en solitaire Flavors of Life, il s’est aujourd’hui entouré de ses ami.es pour continuer l’histoire. Les sept titres laissent place aux émotions, à la richesse des arrangements et à la poésie des voix.

Depuis plusieurs jours, j’écoute en boucle A Thrill For Novelty, second album de Common Insight. Pourquoi ? Je ne sais pas. Peut-être l’appel de l’hiver, le froid dans l’appartement, les mains froides qui se collent contre la tasse brûlante. Peut-être la brume qui ne disparait jamais vraiment, les jours courts et noirs. J’avais envie de lumière, de chaleur, de choses réelles. Alors, j’ai laissé infuser les sept titres qui composent l’album.
Aujourd’hui, je savoure la voix de Pablo Coudrin, le chant mélodique de Marie Escadafals et la rythmique délicate de Jean-Loup Dutoit. Je les observe occuper l’espace. Pablo devient ma golden hour. Instant éphémère que je chéris, qui se répète chaque jour, et qui m’apporte une joie intense. Au casque, le soir, lorsque les enfants chats dorment profondément, je peux alors me laisser aller. Me laisser bercer par la musique de Common Insight qui s’inspire autant de caroline que de Sufjan Stevens, Adrianne Lenker ou Bon Iver. Je peux m’imaginer près du feu qui crépite, un livre dans une main et une tisane dans l’autre. Car Common Insight réconforte, réjouit, rassemble, répare.
Pendant l’été 2023, Pablo s’isole avec ses ami.es au sein de la campagne vosgienne. Ici, accompagné.es du strict minimum, iels enregistrent les morceaux qui composeront cet album. Je les imagine aisément évoluer dans un univers serein et réconfortant. Je devine les idées qui fusent et s’éparpillent, j’entends le rire de Marie et je vois le sourire de Jean-Loup. Je sais, je sens, je perçois car je les côtoie, je les observe, je les devine. Iels sont beaux et belles, iels me touchent et m’émeuvent. En concert, j’ai toujours le souffle court et l’envie qu’iels ne s’arrêtent jamais de jouer.
En attendant de les voir, de les revoir, j’écoute en boucle A Funny Feeling. C’est celle qui m’accroche, à laquelle je reviens sans cesse. Elle capture les pleurs, les doutes, les silences. Elle s’étire, se laisse approcher, apprivoiser. Elle me ramène à moi, au plus près des fêlures. Elle me centre, me disperse, m’encourage et me protège. C’est tout et rien à la fois.
Mais A Funny Feeling ne pourrait exister sans l’apaisement d’Apricity, les notes entêtantes de Sunkeeper ou les arrangements subtils d’Ode To Beginnings.
C’est un tout. C’est un rien.
Qui ne s’arrête jamais. Dans quelques heures je serai en Angleterre et je penserai à Common Insight. Je foulerai les pavés humides avec quelques accords en tête. Les pubs de Liverpool colleront à la musique et je chercherai l’ambiance feutrée des titres qui m’apaisent. Et dans la nouvelle maison victorienne, entre les bougies et les plantes vertes, je laisserai résonner leurs voix.

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