Il n’est jamais trop tard pour parler de GROÁ

Il serait peut-être temps que j’envisage une rubrique « Il n’est jamais trop tard » pour parler de ces albums que j’ai aimé et dont je ne trouve pas le temps pour en parler à l’instant T. Drop P du trio punk islandais GROÁ en fait partie. Enigmatique, puissant et sans demi-mesure, c’est bien simple : je ne comprends pas pourquoi personne ne cite jamais ce disque, sorti en juin dernier.

Il serait peut-être temps que j'envisage une rubrique "Il n'est jamais trop tard" pour parler de ces albums que j'ai aimé et dont je ne trouve pas le temps pour en parler à l'instant T. Drop P du trio punk islandais GROÁ en fait partie. Enigmatique, puissant et sans demi-mesure, c'est bien simple, je ne comprends pas pourquoi personne ne cite jamais ce disque.
Crédit photo : Gabriel Backman Waltersson

Drop P ne cherche pas à se faire désirer. Drop P ne se laisse pas apprivoiser. Drop P est le fruit de l’imagination des sœurs Karólína et Hrafnhildur Einars Maríudóttir et de leur amie d’enfance Fríða Björg Pétursdóttir. Ensemble, elles composent neuf titres aussi différents qu’envoûtants.

Écrits en partie à Reykjavík et dans une maison isolée à 40 minutes d’Akureyri, ils sont à leurs images : insaisissables. Durant deux semaines, le trio expérimente les sons tout en profitant de la vie quotidienne, ensemble. Inattendu et temps calme donnent la couleur de l’album : brut et sincère.

Les titres s’enchaînent et pourtant ne se ressemblent pas. Ici des halètements, ici des mots susurrés, d’autres criés. Là j’entends des pianos, trompettes, saxophones, percussions. Tout se mélange et se confond dans une musique hors norme, entre art punk, noise, et jazz. Entre islandais, espagnol et anglais.

birdshit annonce la couleur : l’air est saturé et les chœurs me transportent déjà. Des sons que je n’identifie pas retentissent tandis que les voix à l’unisson martèlent le rythme. Mais c’est le titre suivant, ugh qui m’achève. La tension s’élève, tout est noise, jusqu’aux mots qui collent contre le palais et les instruments à vent. beauty tips! invite le quatuor argentin Blanco Teta. Leur violoncelle rejoint alors le groupe. Mais les morceaux que je préfère sont eldingar í prag et allt sem er gott er gott. Le premier détient l’urgence, la folie et l’originalité sans faille. Le second, pour le saxophone et la trompette qui emmène la musique toujours plus loin. kim, le morceau qui clôt l’album est sans doute le plus lumineux et rythmé. C’est l’instant de l’explosion et les « boom boom » retentissent.

Pour tenter de cerner un peu le trio, je pourrais vous dire qu’il est l’un des fondateurs du collectif artistique égalitaire Post-dreifing. Formé fin 2017, il crée une plateforme pour les jeunes musiciens et artistes afin qu’ils fassent collectifs, notamment en collaborant musicalement ensemble et en organisant des événements. GROÁ respire donc la musique, avec une approche clairement tournée vers l’expérimentation loin des schémas normés.
L’une des deux sœurs, Karólína est même allée jusqu’à construire ses propres instruments, argumentant « la seule règle que nous suivons est qu’il n’y a pas de mauvaise façon de créer« .

Drop P est une réussite, ce n’est plus à prouver. Maintenant, il me reste à découvrir leur premier album éponyme, sorti en 2018 ainsi que Í Glimmerheimi sorti en 2019 et enfin, What I like to do sorti en 2021.
ET ESPERER QU’ELLES PASSENT EN FRANCE UN JOUR OU L’AUTRE ❤

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