Les frissons de Vraell

Le 28 mars, Vraell sortait once a blue hour, un album mélancolique et lumineux. Sans prétention si ce n’est les frissons, Madeleine de Proust c’est l’occasion de faire un bond dans le passé et raviver les souvenirs, en évoquant des œuvres culturelles qui n’appartiennent qu’à nous. L’artiste sera en concert le 9 octobre prochain au Point Ephémère.

Crédit photo : Craig Macintosh

Once a blue hour offre dix titres incitant à la contemplation et au voyage intérieur. Je l’écoute au bord des trains, en regardant les vagues s’écraser contre les rochers, le soir auprès des étoiles. La guitare omniprésente, la poésie en filigrane. L’artiste londonien s’inspire autant de l’univers de Sufjan Stevens que de Bon Iver.
Merci Vraell pour la douce beauté.

Quel est le livre/BD que tu ne quittes jamais ?

Watchmen par Frank Miller

C’est la première histoire d’anti-héros que j’ai lue. Je l’ai découverte après avoir vu le film de Zack Snyder, ce qui fait que je suis arrivé un peu après tout le monde. Ce que j’ai trouvé fort, c’est que Miller va vraiment plus loin dans la critique du rêve américain version néo-libérale, même dans un monde où les États-Unis auraient gagné la guerre du Vietnam et où Nixon aurait réussi son mandat.
L’univers est sombre, avec des images de fascisme et d’un pays qui s’effondre. Et ce que j’aime particulièrement, c’est que chaque personnage, chaque justicier, représente un aspect de cette Amérique qui ne fonctionne plus.
Après ça, j’ai un peu décroché des comics Marvel classiques. Les super-héros trop parfaits, courageux, toujours du bon côté… ça m’a un peu lassé. Miller a vraiment influencé tout ce qui se fait aujourd’hui autour des anti-héros, comme Invincible ou The Boys.

Un film dont tu cites des extraits ou des dialogues ?

Le seigneur des anneaux, Peter Jackson

« Je suis content d’être avec toi, Sam, ici, à la fin de toutes choses. »

Pour moi, les Hobbits représentent l’enfance, l’innocence, et cette gentillesse un peu naïve qu’on perd parfois en grandissant. Leur voyage jusqu’à la Montagne du Destin, c’est un peu comme quitter tout ça, s’éloigner de chez soi, de ce qu’on était au départ.
Alors je trouve ce moment vraiment beau, quand Frodon, malgré tout ce qu’il a vécu, prend le temps de dire à Sam qu’il l’aime et qu’il reconnaît leur lien. Même à la toute fin, alors que tout s’écroule. Cette trilogie me touche toujours autant. Elle me rappelle l’importance de l’amitié et de l’amour, encore et encore.

L’album que tes parents t’ont fait découvrir et que tu écoutes toujours ?

The Dock of the Bay, Otis Redding

Mes parents m’ont fait découvrir l’album The Dock of the Bay d’Otis Redding.
C’est un disque qui me rassure, qui me ramène à des moments simples, comme cuisiner ou traîner en famille. C’est celui que je mets souvent quand je suis chez moi, en train de cuisiner ou de faire un peu de ménage.

Si tu devais résumer ton rapport à la musique avec une œuvre ?

Impression, soleil levant de Monet.
Je vois souvent la musique en couleurs, surtout en bleu. Et l’impressionnisme me parle beaucoup, parce que j’aime créer dans des zones un peu floues, où les sons et les textures se mélangent. Parfois, on ne sait même plus quel instrument joue quoi. C’est ce genre d’ambiance que j’aime pour créer. Et ce tableau, pour moi, le représente parfaitement. L’eau et la lumière du soleil se fondent à un point où ce n’est plus juste un lever de soleil, mais une émotion, une sensation.

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