Les frissons de Paradoxant

Paradoxant a sorti il y a deux jours son nouvel album, Deux. Un projet qui ne se refuse rien, qui a grandi entre Bruxelles et la Drôme et qui expérimente le chant en français, les rencontres, et les mélanges de genre. Quatre ans après ce premier opus, Earworm, le groupe se réinvente encore. Sans prétention si ce n’est les frissons, Madeleine de Proust donne l’occasion de faire un bond dans le passé et raviver les souvenirs, en évoquant des œuvres culturelles qui n’appartiennent qu’à nous.

Crédit photo : Lise Lefebvre

Autour de Paradoxant, il y a notamment Antoine Meersseman, bassiste échappé du groupe révolu BRNS. Ces quatre dernières années, il a quitté la ville pour les montagnes du Vercors. Devenir berger, et composer. Entouré des membres initiaux du groupe Lou Wery, de Romain Benard (Ropoporose, Namdose, Milk TV) et de rencontres éphémères, Paradoxant délivre un nouvel album déroutant, entre pop, post-punk et autres joyeusetés musicales.

Quel est le morceau qui te rappelle instantanément de bons souvenirs ?

Antoine : Les rois mages / Sheila

Quel est le livre ou la BD qui ne te quitte jamais ?

Les bandes-dessinées de Philémon de Fred, j’aime toujours autant leur poésie surréaliste et à chaque fois que je les relis j’y trouve une nouvelle idée loufoque, un nouveau trait d’humour… C’est magnifique.

La photo de toi enfant que tu as toujours près de toi ?

Une photo dans la rue de mon enfance où mon grand-père nous fait poser, mon frère et moi. J’y arbore mon chapeau préféré de l’époque, un superbe sombrero de toutes les couleurs. Je n’aimais pas du tout être pris en photo à l’époque, et encore moins avec mon magnifique couvre-chef. Mon grand-père avait fort insisté pour que je le porte sur la photo. Résultat, je tire une tête d’enterrement.

Une œuvre d’art étudiée à l’école que tu gardes en tête ?

A mes 17 ans j’avais du faire un travail sur un poète, au choix, et va t’en savoir pourquoi, j’avais choisi Robert Desnos, dont je ne connaissais pourtant rien. Je ne m’étais pas trompé, et tant sa trajectoire que son oeuvre vibrent encore aujourd’hui. A l’époque j’avais été très marqué par ces vers dans Au bout du monde : « Quelque part, dans le monde, au
pied d’un talus, Un déserteur parlemente avec des sentinelles qui ne comprennent pas son langage. »
Tristement d’actualité.

Quel est l’album que tes parents t’ont fait découvrir et que tu écoutes toujours ?

Mes parents étaient de sacrés mélomanes et je les en remercie, on écoutait beaucoup de choses à la maison et ces albums ont une place à part dans ma culture musicale. Cela dit ils avaient aussi quelques disques pas dingues qui traînaient quelque part et avec mon frère, on arrivait toujours à trouver la chanson la plus nulle de la pile de disques et on se la
passait en boucle (mais alors vraiment, vraiment en boucle). Parfois je me
demande s’ils parviennent encore à entendre Ouvrez la cage aux oiseaux sans avoir des envies de meurtres.
Plus sérieusement, quand on partait en vacances, on prenait quelques K7 dans la bagnole, je me souviens de Nevermind de Nirvana (mais je n’arrive plus à savoir si on se la passait jusqu’au bout) et aussi des K7 de João Gilberto, qui m’a éveillé à toutes les musiques brésiliennes que j’adore.

Si tu devais résumer ton rapport à la musique avec une œuvre ?

Allez juste pour faire le misanthrope chiant et offrir un bon mot de la fin, je
dirais Demain de Programme.

Suivez l’actualité de Paradoxant sur Facebook et Instagram.

Laisser un commentaire