Le 21 février dernier, le duo originaire de Colmar sortait son nouvel album, See the Charcoal Rats. Six titres instrumentaux toujours aussi cinématographiques. Sans prétention si ce n’est les frissons, Madeleine de Proust donne l’occasion de faire un bond dans le passé et raviver les souvenirs, en évoquant des œuvres culturelles qui n’appartiennent qu’à nous.


Avec Fragile Figures, prédomine la sensation de fascinant malaise et de volupté rassurante. Les musiciens laissent les ambiances se créer, les accords se tordent. Notes spectrales, robots planants, le duo maintient la pression, jusqu’à la fin.
Ils feront leur release party le 25 avril au Noumatrouff à Mulhouse.
Quel est le morceau qui te rappelle instantanément de bons souvenirs ?
Julien : Loser / Beck
Etonnant car je ne l’écoute presque jamais, je ne cherche pas à l’écouter d’ailleurs mais, dès qu’il passe quelque part, il m’évoque que de bon souvenirs, une période d’allégresse, que des moments agréables lors de cette année 1993. Une forme de légèreté bohème, sans calculs, sans projets …; La vie comme elle venait, au jour le jour.
Mike : Schizophrenia / Sonic Youth
Ça me ramène systématiquement à l’époque où j’ai découvert 1991 The year punk broke. Cette vidéo de tous ces groupes live qu’on adorait, c’était tellement raccord avec la fougue de nos premiers concerts qui commençaient à la même époque.
Quel est le livre ou la BD qui ne te quitte jamais ?
Julien : Pas facile… Il y en a plusieurs alors je vais tricher un peu. Il y a Cul de Sac (Piège nuptial) de Douglas Kennedy, pour l’écriture et l’histoire de dingue au fin fond de l’Australie, que j’ai lu plusieurs fois et, une BD qui est toujours disponible à côté de moi, c’est Prince Norman d’Osamu Tezuka avec ce périple spatial et les clochards de l’espace, sans compter le sens humaniste et les valeurs de l’auteur qui transpirent dans chacune de ses œuvres.
Mike : Je lis très peu mais il y a un livre qui n’est jamais bien loin et que j’aime ouvrir de temps à autre au pif pour y lire quelques lignes ou quelques pages. C’est Ngo le chien, récit initiatique d’un orphelin né pendant la guerre du Vietnam qui retourne sur les traces de sa mère. 500 pages d’un poème en hexasyllabes.
La photo de toi enfant que tu as toujours près de toi ?
Julien : Aucune, car je pars du principe que dans mon corps d’adulte il y a toujours un enfant qui essaye de s’échapper.
Mike : Pas près de moi physiquement mais il y a toujours ce cliché de moi à l’âge de 7 ans environ qu’avait pris mon père qui n’est jamais très loin dans mon esprit et qui m’émeut à chaque fois que j’y pense. Il en découlait une émotion que je ressens encore aujourd’hui.
Une œuvre d’art étudiée à l’école que tu gardes en tête ?
Julien : Guernica, en 3ème si mon souvenir est bon. Une œuvre de Pablo Picasso qui m’a clairement donné envie de m’intéresser à l’art, ça a été un déclencheur pour moi, la puissance de la fresque historique que symbolise cette toile m’avait beaucoup marqué.
Mike : La sarabande de Haendel. Premier morceau que j’ai appris à jouer à la flûte en cours de musique et qui me fascinait. J’ai appris des années plus tard à le jouer au piano avec toutes les harmonies.
Quel est l’album que tes parents t’ont fait découvrir et que tu écoutes toujours ?
Julien : Dick Annegarn avec Polymorphose et Sacrée Géranium. C’est mon papa qui écoutait ça et je l’écoute toujours, seul, de temps en temps. Je connais les paroles de chaque titre sur le bout des doigts. Ça me ramène à une période d’enfance, un truc assez rassurant. Pourtant il écoutait d’autres trucs comme Judas Priest ou Klaus Schulze … Mais ce fût Dick, sans doute pour les textes et une certaine musicalité.
Mike : Mes parents ne m’ont jamais fait écouter d’album ou artiste en particulier. Mais j’aimais aller fouiller dans les vinyles et celui que je retiens c’est probablement Equinoxe de Jean-Michel Jarre. La pochette avec tous ces étranges personnages qui m’observaient, ça m’intriguait. J’écoutais l’album mais en allant me cacher sous ma couverture.

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