clarence a sorti il y a quelques mois son premier album smudge. Entre dream pop et shoegaze, la jeune femme raconte une histoire personnelle et sensible. Dix titres à redécouvrir à l’occasion de la réédition CD de l’opus.

Derrière clarence se cache Clarisse Cante, jeune artiste habituée à composer seule dans sa chambre. Son premier album, smudge, sorti au mois de septembre sur le label bordelais Flippin’ Freaks m’est alors totalement étranger. Il aura fallu attendre une réédition CD en janvier avec le label Howlin Banana pour que ces dix titres parviennent enfin jusqu’à mes oreilles. Et quel plaisir !
Enregistré en 2024 dans le studio landais de Sylvain Palis (Siz), l’album est un concentré de dream pop et de shoegaze. Influencée autant par Slowdive ou My Bloody Valentine que par Wednesday ou Draag, clarence laisse sa voix trainer et les réverbérations s’étendre.

Il y a quelque chose de délicat, de fragile et de sincère dans la musique de clarence, comme si elle avait voulu invoquer ses pensées et son corps, les laisser infuser au sein de ces dix morceaux, délicieusement personnels. Bricolés chez elle avec soin, les titres vibrent de spontanéité. Je les ai écoutés maintes fois, tandis que mon corps était à l’arrêt. Au milieu de mon studio encombré de souvenirs éparpillés au sol, j’ai laissé la voix de clarence me guider, m’apaiser, et m’aider à trier. Les objets, les pensées.
L’album s’ouvre avec sans doute un de mes titres préférés, numb. La nonchalance de la voix qui s’écrase instantanément sur un mur de sons me fait frissonner. J’ai envie de me lover dans cet album et de ne plus le lâcher. D’un morceau à l’autre, les accords se font de plus en plus graciles et éloquents. track, sa basse entêtante et l’harmonie qui se joue, april fool et sa désinvolture, sink me in et le calme soudain. Puis lorn, le morceau attendu, celui qui fédère. Flirtant avec le shoegaze éthéré et brumeux, clarence confirme ici son talent et sa singularité. itch crée un cadre pluvieux là où sun nous ramène vers la bedroom pop adolescente solaire. all i know nous cueille ensuite, par la simplicité de son refrain, et la douceur des harmonies. Puis, se dessine stay, qui me ravit à chaque écoute. L’introduction me fait penser à Sylvaine et son morceau L’appel du vide. Mais ce qui me plait, c’est cet instant où tout s’efface et se renverse, lorsque les guitares s’emmêlent, que les mélodies se joignent et que Clarisse Cante exulte avant de retourner au silence ouaté.
Finalement, near me se découvre, furtivement. De clarence, ne provient que des voix lointaines, des mots qu’on devine, imperceptiblement. Quelques cordes grattées, le rythme chaloupé et la sensation de quitter ce rêve éveillé, les yeux fermés.
clarence est actuellement en tournée : le 23/01 à Bordeaux pour la release party de Cosmopaark, le 25/01 à La Pointe Lafayette (Paris) avec Ligne Rouge pour sa release party, le 26/01 à Tours et le 1/02 à Angoulême.

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