Le quatuor Catchy Peril a sorti le 1er novembre son premier EP Disco Sucks. Musique haute en couleurs qui ne demande qu’à exploser en live. Pour les définir, trois mots : Nuclear Disco Punk. L’expression force la curiosité. Sans prétention si ce n’est les frissons, Madeleine de Proust c’est l’occasion de faire un bond dans le passé et raviver les souvenirs, en évoquant des œuvres culturelles qui n’appartiennent qu’à nous.


Il y a du Rita Mitsuko, du punk flirtant avec de la disco, des synthés qui donnent envie de sauter partout et quatre humains généreux. Déjà remarqué par la scène indé actuelle, le quatuor semble prêt à exploser. Disco Sucks passe de la ballade au chant rythmé, de l’anglais au français, avec une simplicité déconcertante et une allégresse sincère.
Quel est le morceau qui te rappelle instantanément de bons souvenirs ?
Benjamin : La chanson qui me rappelle de bons souvenirs est Cool for Cats de Squeeze. Pendant la tournée qu’on a fait récemment avec nos amis SOVOX, Paul le bassiste de Catchy Peril m’a fait écouter cette chanson, son entrain et sa nonchalance m’a ramené aux 7 petits chats que nous étions dans le van, avec un rythme de vie intense et vraiment très cool, elle me donnait envie de danser et venait mettre en lumière la sensation de liberté, de joie que nous traversions dans une heureuse insouciance où tout ce qui nous importait était d’être les plus généreux et explosif sur scène. J’ai adoré ces moments, auxquels me ramènent cette chanson.
Quel est le livre ou BD qui ne te quitte jamais ?
Lettres à un jeune poète est mon livre de chevet depuis un peu plus d’un an. C’est un recueil de lettres envoyées par Reiner Maria Rilke, poète né à la fin du 19eme siècle en Autriche-Hongrie, à un jeune poète en quête de réalisation. Dans ses lettres, Rilke parle beaucoup de la disposition intérieure et du rapport au monde à cultiver pour faire éclore des productions poétiques puissantes, avec notamment tout un discours sur le lien entre solitude et vérité dans la création. Un livre riche d’enseignement que je feuillette régulièrement. Avant d’avoir ce livre entre les mains je ne connaissais le nom de l’auteur qu’à travers les paroles d’ Est-ce ainsi que les hommes vivent, chef d’œuvre de la chanson française dont ma version favorite est celle de Léo Ferré, ce qui ajoute à mon affection pour ces échanges épistolaires.
Quel est le film dont tu peux citer des extraits ou dialogues ?
Il m’arrive de citer certains dialogues de Fight Club, qui a été une révélation pour moi en quatrième, notamment « même la Joconde subit les outrages du temps ». A 13 ans, c’est dans ce film que j’ai découvert les Pixies, c’était une vraie bombe éthique et esthétique. Il y a aussi Big Lebowsky des frères Cohen et Tenue de soirée ou les Valseuses de Blier qui sont des films que j’aime et dont je cite parfois certains dialogues.
La photo de toi enfant que tu as toujours près de toi ?
Pas de photo de moi enfant. Par contre, la photo de ma nièce lorsqu’elle devait avoir 4 ans est toujours au dessus de ma table de chevet, avec des dessins d’autres enfants qui m’ont choisi comme tonton et que j’aime de tout mon cœur.
Une œuvre d’art étudiée à l’école que tu gardes en tête ?
Ayant du mal à en choisir un, trois me viennent en tête. Je ne suis un très bon lecteur, et Frankenstein de Marie Shelley est le premier roman que j’ai lu entier grâce à l’école. Cette oeuvre m’a beaucoup touché, et a éveillé un goût pour le fantastique qui m’a amené à découvrir HP Lovecraft que j’ai pas mal lu. A l’école on a également survolé un passage de Voyage au Bout de la Nuit, dont mon grand-père, fils de républicain espagnol, m’avait parlé, les larmes aux yeux, lorsqu’on évoquait ensemble la question de la Guerre. Un livre sombre qui nous invite à regarder au plus profond de soi des parties que nous fuyons, et pose un regard très puissant sur nos déterminations individuelles et collectives. Cyrano de Bergerac est également un monument de panache et d’humanité, découvert grâce à l’école, qui est devenu un pilier pour moi.
L’album que tes parents t’ont fait découvrir et que tu écoutes toujours ?
Mon père m’a fait découvrir Deep Purple. C’était son groupe phare à l’adolescence. J’ai fait tourner l’album In Rock en boucle dans ma chambre dès la cinquième. Je l’aime encore beaucoup. C’est durant cette année qu’il m’a mené à leur concert, avec mon frère. Ian Gillan atteignait encore les notes aigues de Child in Time, et malgré leur âge avancé et l’absence de Ritchie Blackmore, le concert était superbe. Une belle claque.
Si tu devais résumer ton rapport à la musique avec une œuvre ?
Question difficile. Actuellement, je dirais l’album Machine Gun Etiquette des Damned, parce qu’il combine à la perfection l’énergie punk abrasive et sans concession avec des titres tels que Anti Pope ou Love Song, et l’émotionnalité épidermique des compositions, soutenue par des arrangements subtils, comme dans I just can’t be happy today, Plan 9 Channel 7 ou Melody Lee. Je trouve Dave Vanian, le chanteur du groupe, absolument sublime aussi bien vocalement que dans ce qu’il dégage scéniquement à cette époque.

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