Les tourangeaux de Stuffed Foxes ont décidé de nous combler à l’approche des fêtes avec la sortie de leur nouvel album : Standardized. Huit titres toujours plus expérimentaux et noisy pour le plaisir de nos oreilles.

Crédit photo : Flavie Herbreteau
Il y a l’introduction lancinante incarnée par Biting The Daw, Merry Xmas qui se joue toute l’année et qui n’a jamais faux. Il faut l’écouter en live et alors la sentir monter, monter, monter. Léo qui hurle et vocifère tandis que le rythme se fait chaloupé. Elle fait partie de celles que j’attends, à chaque fois. Car il y a une extrême joie qui se dégage de ces quelques notes lancées à la fin. Quelque chose de fougueux et d’incontrôlable. Il suffit que les premiers accords se jouent pour que la magie opère. La montée, orgasmique dénoue les tensions et apaise les esprits.
Cette chanson nous jette droit dans la gueule du chien : Pretend To Be A Dog (Gamelle) dont j’ai déjà parlé ici.
Et du mammifère poilu, on passe à l’insecte qui bourdonne près de nos oreilles : les abeilles. Avec Bees, les Stuffed Foxes maintiennent la pression. En concert, c’est l’instant du set où nous avons l’impression d’évoluer au sein d’une ruche en effervescence. Mais la beauté ne s’arrête pas en si bon chemin car elle se manifeste également sous les traits de Rough Up. Rupture délicate dans l’histoire, ballade qui éclot lorsqu’on ne s’y attend plus. Entre l’orgue et la guitare acoustique se dévoile le saxophone de Paul Cadier. Et alors, la douce ivresse. Un titre définitivement solaire qui invite à la plus belle des danses.
I Heard About Love In a Book appelle la voix féminine de Laetitia Sheriff, artiste et amie des Stuffed Foxes. Dans la continuité de Rough Up, ce morceau déconstruit le temps, nous rapprochant encore un peu plus du Velvet Underground.
Et tandis qu’on s’oriente dangereusement vers la fin de l’album, Standardized se dessine. Trois minutes et quelques secondes de transe, de tressautement sans fin et de cœur qui palpite. Il se passe quelque chose, de l’ordre tribal. Un brin de noirceur, des airs qui nous dirigent vers la musique de Post Bad S.CDE et l’envie de danser, sans s’arrêter.
Enfin, Return, conclut l’album. Et je me rappelle encore le jour où Léo m’a envoyé ces huit pistes. Je les ai lancés, vite, tandis que je me dirigeais vers le médecin, pour compiler encore un peu les comprimés. Il avait plu, le sol brillait et le soleil avait percé, à travers les nuages. J’ai tout écouté, religieusement, plaisir non dissimulé de découvrir en studio tous ces morceaux que je connais déjà par cœur, le live les répétant d’un jour à l’autre. Sauf Return. Return, je ne le connais pas. Léo y appose sa voix, avant de laisser les guitares s’écraser une dernière fois. C’est précisément à cet instant que je monte le volume sonore. Là, dans cette brèche infiniment puissante et juste. C’est ce morceau qui me fait dire que je ne me lasserai jamais de leur musique. Ils sont habités, et avec eux, je le suis aussi. Alors, merci (encore).

Crédit : Flavie Herbreteau
Standardized a été enregistré live par Thomas Poli (Laetitia Sheriff, Dominique A…) à l’Impersonnal Freedom à Rennes début 2024. Le mastering a été confié à Matt Colton (Spiritualized, Swans, Shame…).

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